|
1. DIABÈTE DE TYPE 2 & OS
909 patients (59 - 71 ans, 444 femmes) ont bénéficié
à la fois d'une évaluation de la tolérance glucidique,
et d'un bilan osseux (densitométrie et marqueurs du remodelage).
217 intolérances aux glucides, 67 diabètes ont été
mis en évidence. La densité osseuse est plus élevée
dans ces groupes, corrélée au degré d'insulinorésistance,
mais cette relation disparaît dès lors que l'on prend en
compte l'IMC. L'insulinorésistance interviendrait donc plutôt
via la prise de poids en non directement sur le remodelage osseux comme
cela avait été envisagé.
Dennison
EM, Syddall HE, Aihie Sayer A et al. Type 2 diabetes mellitus is associated
with increased axial bone density in men and women from the Hertfordshire
Cohort Study: evidence for an indirect effect of insulin resistance?
Diabetologia
2004;47(11):1963-1968 [résumé]
2.
ENFANT
2.1.
ÉPIDÉMIOLOGIE DES FRACTURES
|
Cette
étude a été réalisée à
partir de la base de donnée de la GPRD (General Practice
Research Database) de 1988 à 1998, concernant environ 7
millions d'individus. Le nombre de fractures est très élevé
chez l'enfant : 1/3 d'entre eux ont eu au moins une fracture avant
l'âge de 17 ans. Il s'agit le plus souvent de l'avant-bras
(30%). 63% surviennent ches les garçons, avec un pic de
fréquence à 14 ans. Chez la fille, l'incidence diminue
dès l'âge de 11 ans. Au maximum
|
|
d'incidence,
le taux de fracture est comparable à celui des adultes de plus
de 85 ans (voir figure).
Cooper C, Dennison EM, Leufkens HG, Bishop N, van Staa TP. Epidemiology
of childhood fractures in Britain: a study using the general practice
research database. J Bone Miner Res. 2004 Dec;19(12):1976-81 [résumé]
2.2.
DXA du CALCANÉUM
A signaler l'étude anglaise de Chinn et coll, évaluant
les densités osseuses du calcanéum chez 403 enfants (5-18
ans) afin d'établir des courbes normales. Chez les filles, la valeur
adulte est atteinte dès l'âge de 15 ans. Plus de 5 heures
d'activité physique par semaine assure des valeurs plus élevées.
D
J Chinn, J N Fordham, M S Kibirige, et al. Bone density at the os calcis:
reference values, reproducibility, and effects of fracture history and
physical activity. Archives of Disease in Childhood 2005;90:30-35 [résumé]
3.
SCREENING DES QUESTIONNAIRES ÉVALUANT LES FACTEURS DE RISQUE D'OSTÉOPOROSE
AVANT DENSITOMÉTRIE
On considère usuellement que les examens densitométriques
ne doivent être proposées qu'aux femmes ménopausées
"à risque". La pertinence de quatre questionnaires -
SCORE, ORAI, OST & OSIRIS - a été évaluée
chez 4 035 femmes ménopausées de 45 ans et plus, en particulier
dans une perspective économique. Le tableau ci dessous récapitule
les résultats principaux. L'OSIRIS réduit le coût
du diagnostic de l'ostéoporose (-31%); toutefois, les performances
économiques et diagnostiques évoluent inversement.
| |
coût
du diagnostic d'une ostéoporose en € (*)
|
diagnostics manqués (**)
|
|
pas
de pré-test
|
123
|
/
|
|
SCORE
(Simple Calculated Osteoporosis Risk)
|
103
|
11
%
|
|
OST
(Osteoporosis Self-assessment Too)
|
94
|
17
%
|
|
ORAI
(Osteoporosis Risk Assessment Instrument)
|
96
|
23
%
|
|
OSIRIS
(Osteoporosis Index of Risk)
|
85
|
25
%
|
(*)
calculs basés sur un examen DXA à 40.14 €
(**) pourcentage d'ostéoporoses chez les patientes classifiées
à faible risque par le questionnaire
Richy F, Ethgen O, Bruyere O, Mawet A, Reginster JY. Primary prevention
of osteoporosis: mass screening scenario or prescreening with questionnaires?
An economic perspective. J Bone Miner Res. 2004;19(12):1955-60 [résumé]
Les questionnaires :
- ORAI : Cadarette SM, Jaglal SB, Kreiger N, et al. Development
and validation of the Osteoporosis Risk Assessment Instrument to facilitate
selection of women for bone densitometry.CMAJ. 2000:2;162(9):1289-94
[résumé][fac-simile]
- OST : Richy F, Gourlay M, Ross PD, et al. Validation
and comparative evaluation of the osteoporosis self-assessment tool
(OST) in a Caucasian population from Belgium. QJM. 2004;97(1):39-46
[résumé][fac-simile]
- OSIRIS : Sedrine WB, Chevallier T, Zegels B, et al.
Development and assessment of the Osteoporosis Index of Risk (OSIRIS)
to facilitate selection of women for bone densitometry. Gynecol Endocrinol.
2002;16(3):245-50 [résumé]
- SCORE : Von Muhlen D, Visby Lunde A, Barrett-Connor
E, et al. Evaluation of the simple calculated osteoporosis risk estimation
(SCORE) in older Caucasian women: the Rancho Bernardo study. Osteoporos
Int. 1999;10(1):79-84 [résumé]
A
noter le développement par la même équipe d'un nouveau
questionnaire, intitulé ORACLE (Osteoporosis Risk Assessment
by Composite Linear Estimate), prenant en compte les résultats
des mesures ultrasoniques.
Richy
F, Deceulaer F, Ethgen O, Bruyere O, Reginster JY. Development and validation
of the ORACLE score to predict risk of osteoporosis.Mayo Clin Proc.
2004 Nov;79(11):1402-8 [résumé]
4.
CORTICOTHÉRAPIE INHALÉE & RISQUE DE FRACTURE NON VERTÉBRALE
Trois publications récentes se sont penchées sur le
risque de fracture non vertébrale chez l'adulte traité
par corticoïdes inhalés. Celle de Johannes est une étude
cas-témoins à partir d'une base de données de 89
877 adultes de plus de 40 ans (United Healthcare), suivis au moins
une année, et atteints d'asthme ou bronchopathie chronique. Les
1722 cas de fractures non-vertébrales (âge moyen 52.9 ans)
ont été appariés à 17 220 sujets contrôle
: la prise de corticoïdes inhalés n'entraîne pas d'augmentation
du risque de fracture. L'étude québéquoise (Suissa)
est remarquable par la durée de suivi (4 ans) et l'âge moyen
(81 ans). 9624 fractures (fémur et mb sup) ont été
appariés à 191 622 contrôles : les corticoïdes
inhalés ne provoquent pas d'augmentation conséquente du
risque fracturaire. Ces résultats rejoignent ceux de Lee : cohorte
de 40157 patients, âge moyen 61.7 ans, 1708 fractures non vertébrales).
Toutefois, les patients ayant des doses supérieures à 700µg/j
avaient un risque de fracture plus important (RR 1.68, IC 1.10 - 2.57).
L'effet
dose a également été noté chez l'enfant
: 97 387 sujets de 4 à 17 ans de la cohorte anglaise GRPD (General
Practice Research Database), suivant une corticothérapie inhalée
/ 23 984 fractures non vertébrales : cf tableau. Cet effet-dose
disparaît toutefois dès que l'on prend en compte la sévérité
de la bronchopathie (van Staa).
| dose
béclométasone (*) |
<
200µg
|
201-400
microg
|
>
400 microg
|
| RR |
1.10
|
1.23
|
1.36
|
| IC
(95%) |
0.96-1.26
|
1.08-1.39
|
1.11-1.67
|
Johannes
CB, Schneider GA, Timothy J. et al. The risk of nonvertebral fracture
related to inhaled corticosteroid exposure among adults with chronic
respiratory disease. Chest 2005;127:89-97 [résumé]
Lee TA, Weiss KB. Fracture risk associated with inhaled corticosteroid
use in chronic obstructive pulmonary disease. Am J Respir Crit Care
Med. 2004;169(7):855-9 [résumé]
Suissa S, Baltzan M, Kremer R, Ernst P. Inhaled and nasal corticosteroid
use and the risk of fracture. Am J Respir Crit Care Med. 2004;169(1):83-8
[résumé][fac-similé]
van Staa TP, Bishop N, Leufkens HG, Cooper C. Are inhaled corticosteroids
associated with an increased risk of fracture in children ? Osteoporos
Int. 2004;15:785-91 [résumé]
5.
RALOXIFÈNE
5.1.
Étude CORE (Continuing Outcomes Relevant to Evista)
: confirmation des résultats de l'étude MORE concernant
l'incidence des cancers du sein hormono-dépendants
L'étude
CORE : certaines patientes de l'étude MORE traitées depuis
4 ans, ont été suivies 4 années supplémentaires.
Celle recevant un placebo sont restées sous placebo (n = 1703),
celles ayant eu 60 ou 120 mg de raloxifènes/j ont reçu 60
mg/j (n = 3510).
Dans le groupe traité, l'incidence de cancers du sein invasifs
est réduite de 59% (29-76%). Sur l'ensemble des 8 années
de suivi, cette diminution est de 66% (50-78%), atteignant 76% (pour le
groupe des cancers récepteur estrogène positif (pas d'effet
sur l'incidence des cancers récepteur négatif). On retrouve
l'augmentation du risque trhombo-embolique, qui n'est pas strictement
significative au plan statistique : RR 2.17 (0.83 - 5.70).
Martino
S, Cauley JA, Barrett-Connor E, et al. Continuing outcomes relevant
to Evista: breast cancer incidence in postmenopausal osteoporotic women
in a randomized trial of raloxifene. J Natl Cancer Inst. 2004;96(23):1751-61
[résumé]
5.2.
raloxifène et bouffées de chaleur
L'étude
contrôlée : 487 femmes ménopausées depuis au
moins deux ans / trois régimes thérapeutiques : placebo,
raloxifène 60mg/ d'emblée ou raloxifène 60mg 1 j
sur 2 pendant 2 mois puis tous les jours. L'incidence des bouffées
de chaleur a été évaluée durant 8 mois : augmenter
les doses de raloxifène par palliers reduit l'incidence des bouffées
de chaleur uniquement chez les femmes ménopausées depuis
moins de 6 ans.
Aldrighi
JM, Quail DC, Levy-Frebault J, et al. Predictors of hot flushes in postmenopausal
women who receive raloxifene therapy. Am J Obstet Gynecol. 2004;191(6):1979-88
[résumé]
6.
COMMENT AMÉLIORER LA PRISE EN CHARGE DE L'OSTÉOPOROSE APRÈS
FRACTURE DU COL DU FÉMUR
La méthode utilisée pour cette étude nor-américaines
est originale : 80 patients (82 ans, 78% femmes) prises en charge dans
une unité de chirurgie orthopédique de New York pour une
fracture du col du fémur ont été randomisée
en deux groupes. Le groupe contrôle ne recevait qu'une information
concernant la prévention des chutes, l'autre était sensibilisé
à l'ostéoporose et son traitment. Cette intervention a donné
des résultats significatifs, puisquà 6 mois, 42% des patients
bénéficiaient d'un traitement de l'ostéopoorose,
alors qu'ils n'étaitent que 19% dans le groupe contrôle.
Cette étude souligne s'il était besoin le rôle essentiel
des chirurgiens orthopédistes dans la prise en charge de la fragilité
squelettique après fracture ostéoporotique.
Gardner
MJ, Brophy RH, Demetrakopoulos D, Ket al. Interventions to improve osteoporosis
treatment following hip fracture. A prospective, randomized trial. J
Bone Joint Surg Am. 2005;87-A(1):3-7 [résumé]
7.
OESTROGÈNES
7.1.
Accidents vasculaires cérébraux (AVC)
La méta-analyse de Bath fait la synthèse de 28 études
contrôlées (39 769 patientes), évaluant le traitement
hormonal substitutif de la ménopause : celui-ci induit une augmentation
du risque d'AVC (odds ration 1.29, 1.13-1.47)
Bath
PM, Gray LJ. Association between hormone replacement therapy and subsequent
stroke: a meta-analysis.BMJ. 2005;330(7487):342-345 [résumé][article]
A
signaler en accès libre sur le site de l'European Journal of
Endocrinology une mise au point sur les estrogènes et l'athérosclérose.
Arnal
JF, Gourdy P, Elhage R et al. Estrogens and atherosclerosis. Eur J Endocrin
2004; 150, 113-117 [résumé]
[fac-simile]
7.2.
lithiase vésiculaire et de cholécystite
On considère usuellement que les oestrogènes augmentent
le risque de lithiase vésiculaire et de cholécystite. Qu'en
est-il dans l'étude WHI ? La population étudiée :
22 579 femmes de 50 à 79 ans, un bras oestrogènes conjugués
+ acétate de médroxyprogesterone vs placebo suivi 5,6 ans,
un bras hystérectomisées (37,1%) oestrogènes conjugués
seuls suivi 7,1 ans. Le tableau ci-dessous récapitule l'augmentation
du risque.
| |
oestrogènes |
oestr
+ progestatifs |
| incidence
globale / 10 000 patientes années |
78
(placebo 47) |
47
(placebo 35) |
| risque
relatif (intervalle de confiance) |
1.67
(1.35-2.0) |
1.59(1.28-1.97) |
| cholecystite |
1.80
(1.42-2.28) |
1.54
(1.22-1.94) |
| lithiase
vésiculaire |
1.86
(1.48-2.35) |
1.68
(1.34-2.11) |
| cholecystectomies |
1.93
(1.52-2.44) |
1.67(1.32-2.11) |
| autres
chirurgies biliaires |
1.18
(0.68-2.04) |
1.49
(0.78-2.84) |
Dominic
J, Cirillo DJ, Wallace RB et al. Effect of Estrogen Therapy on Gallbladder
Disease. JAMA 2005;293 330-339 [résumé]
7.3.
incontinence urinaire
Ce nouvel avatar de l'étude WHI concerne les symptomes urinaires,
chez 27 347 femmes évaluées initialement et à un
an (13 131 placébo, 8506 sous oestro-progestatifs, 5310 oestrogènes
seuls). Le THS augmente significativement le risque et la sévérité
des troubles urinaires de la ménopause.
Hendrix
SL, Cochrane BB, Nygaard IE, et al. Effects of estrogen with and without
progestin on urinary incontinence.JAMA. 2005;293(8):935-48 [résumé]
8.
Actualités GRIO
8.1.
Les "Recommandations du GRIO pour le suivi des traitements antirésorptifs
au cours de l’ostéoporose postménopausique" ont
été publiées dans le N° de janvier 2005 de la
Revue du Rhumatisme (pp 27-33). Le texte sera bientôt disponible
sur le site du GRIO. Consulter
le fac-simile sur le site de Sciencedirect.
8.2.
Les résumés
des communications de la 18ème journée scientifique
du GRIO sont consultables en ligne.
8.3.
La Journée Mondiale
contre l'Ostéoporose : le 20 octobre 2005. Le GRIO apportera
son soutien à ces manifestations (logistique, communication, financement).
Un dossier type est disponible : contactez le secrétariat du GRIO
(Mme Patricia
HALOUZE).
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