La Lettre du
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1.1. Quelques chiffres pour illustrer l’importance du problème : tous les ans, un sujet de plus de 65 ans sur trois tombera, après 80 ans, c’est un sur deux. Avec à la clef une mortalité, une morbidité, et un coût élevés. Sans compter les effets pervers de la peur de tomber à nouveau. P. PINEIRO-RACLE, CSMK à FORBACH, a préparé à l’intention de la lettre du GRIO, une mise au moins abordant les tests permettant d’évaluer le risque de chute chez un individu donné et les moyens de réduire ce risque. Cette démarche peut s’inscrire dans le cadre « d’ateliers équilibre », mais doit également faire partie de toute consultation médicale prenant en charge la gestion du risque de fracture.
1.2.1. La mise au point de X. DESPREZ et P FARDELLONE détaille exhaustivement les méthodes de prévention non pharmacologiques des fractures, en faisant la part belle à la prévention des chutes. Deprez X, Fardellone P. Prévention non pharmacologique des fractures ostéoporotiques. Rev Rhum 2003;70:818-828 [résumé]1.2.2. L’étude prospective australienne de T. HAINES concerne des patients hospitalisés en soins de suite (pathologies neurologiques et orthopédiques essentiellement). 626 patients ont été inclus (1/3 hommes, âge moyen 80 ans). Après randomisation, 310 patients ont été soumis à une évaluation individuelle du risque, puis un programme de prévention adapté à chaque situation comportant information, exercices, éducation, protecteurs de hanche. Les 316 sujets du groupe contrôle ont bénéficié de la prise en charge habituelle (en particulier une heure de rééducation par jour). Bien entendu, le double aveugle n’était pas possible. Le tableau ci-dessous résume les résultats de l’étude : il y a 30% de chute en moins dans le groupe traité. Les effets apparaissent essentiellement après la 6ème semaine (figure). A signaler : une durée de suivi non précisée, et des résultats qui peinent à atteindre la significativité (cf. RR), bien que la courbe de survenue des chutes apparaisse très démonstrative. Cette étude encourage à mettre en place une prévention active des chutes en milieu hospitalier.
Chang JT, Morton SC, Rubenstein LZ, Mojica WA, Maglione M, Suttorp MJ, Roth EA, Shekelle PG. Interventions for the prevention of falls in older adults: systematic review and meta-analysis of randomised clinical trials. BMJ. 2004;328(7441):680 [résumé] 1.2.4. La méta-analyse de H. BISCHOFF-FERRARI concerne le rôle de la vit. D dans la prévention des chutes. En effet, la vit. D est susceptible d’agir sur ce risque via son action musculaire. Parmi les 10 études retenues :
1.2.5. On lira aussi : Prévention des chutes chez les personnes âgées : Limiter les risques de la contention physique de la personne âgée. Rapport ANES Octobre 2000 [site de l'ANES] 2. Alendronate : effets à long terme 2.1.
après 10 ans
2.2. 10 ans après l'instauration d'un traitement suivi durant 2 à 6 ans. Le but de cette étude était d'évaluer les effets osseux à long terme après l'interruption d'un traitement par alendronate. Comme pour la précédente étude, les auteurs ont poolé deux études entreprises en 1991 et 1992, concernant des patientes ménopausées non ostéoporotiques (âge moyen 54-56 ans, BMD lombaire, Hologic 0.91-0.94 c/cm²). Elles avaient bénéficié de doses d'alendronate de 1 à 20 mg, ou de placebo durant 2 à 6 ans et ont été revues quelques années après l'arrêt de l'étude (cf tableau) : les effets sur la densité osseuse lombaire persistent, dépendant de la durée du traitement et de la dose (groupe 20 mg). Pas d'effet significatif sur la hanche. Les marqueurs du remodelage ne retournent pas à la normale, témoignant de la demi-vie osseuse prolongée des bisphosphonates. La portée de cette étude est limitée par la disparité des protocoles thérapeutiques et la faiblesse de l'effectif (203 patientes).
3.1. La publication du bras oestrogène seul de la WHI Pour mémoire, la WHI [Women's Health Initiative] est une étude nord-américaine contrôlée randomisée muticentrique (40 centres) débutée en 1993. Parmi la population de l'étude, 10739 femmes ménopausées hystérectomisées ont recu soit 0.625mg/j d'oestrogènes équins conjugués, soit un placebo. Le critère principal : l'incidence de cardiopathie ischémique. Le critère secondaire : le cancer du sein. A ceci s'ajoute un indice global englobant AVC, embolie, cancer du colon, fractures. L'étude a été interrompue prématurément après dépouillement des résultats collectés jusqu'en novembre 2003.
3.2. Le point concernant le THS et les fractures dans l'étude MWS Le but de cette étude est d'évaluer l'efficacité anti-fracturaire de différentes modalités d'administration des oestrogènes. Parmi 138 737 femmes ménopausés âges de 50 à 69 ans, de la cohorte Million Women Study, suivies 2 à 4 ans. ), 5197 femmes ont eu une fracture (3.7%), essentiellement après une chute (79% des cas). Le RR est réduit sous THS (0.62, 0.58-0.66), et fonction de la durée de ce traitement. On ne dépiste pas de différence selon le type de traitement et la dose d'oestrogène. Deux points laissent perplexes : l'effet antifracturaire apparaît dès la mise en route du traitement et les patientes ayant pris autrefois des oestrogènes ont un risque presque accru de fracture : RR, 1.07;0.99-1.15 (voir l'article suivant)). Ceci illustre les faiblesses d'une étude non contrôlée.
3.4. Effets osseux à long terme du THS Parmi 727 femmes ménopausées danoises qui avaient participé à 4 études contrôlées THS vs placebo durant 2-3 ans entre 1977 et 1993 ont été recontactées. 347 d'entre elles ont pu être revues. Les résultats publiés concernent les 263 femmes qui ont interrompu tout traitement à visée osseuse après ces études. Les patients sous oestrogènes ont malgré le recul (5 à 15 ans) un CMO significativement plus élevé et surtout un risque moindre de fracture [OR = 0.48 (95% CI, 0.26-0.88)].
3.4. Le rapport de l'ANAES daté du 12 mai 2004 (Audition publique - Les traitements hormonaux substitutifs de la ménopause) est disponible in extenso (78p) sur le site de l'ANES. www.anaes.fr/. On peut également consulter le dossier de presse en fac-simile. 3.5. THS et diagnostics erronés de cancers du sein. 8796 femmes anglaises ménopausées, 50-64 ans, ont été soumises à un dépistage du cancer du sein (mammographies) dans le cadre de l'étude Million Women Study. La contrepartie des 399 cancers diagnostiqués (0.45%) est les 2629 faux positifs (3%), ayant imposé cytodiagnostic, biopsie trans-cutanée, voire chirurgicale. Le THS augmente sensiblement le risque de faux positifs : RR 1.64 (1.50-1.80). En somme, le THS est responsable de 20% des faux positifs. Ce sur-risque persiste jusqu'à la 5ème année après l'arrêt du traitement. La dose d'oestrogène, les progestatifs, n'interviennent pas.
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