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1.
Revue de littérature
1.1.
Vertébroplastie: une copie à revoir ?
Chaque
année, près de 5 millions de femmes dans le monde présentent
un tassement vertébral. Seul un tiers de ces fractures est symptomatique.
La traduction clinique est souvent tardive ou dégradée :
perte de taille, cyphose et lordose, douleurs chroniques et mobilité
réduite. Le traitement de ces lésions a emprunté
des voies diverses, reposant souvent sur des essais cliniques non randomisés,
soit en raison d'une impossibilité technique ou éthique,
soit en raison d'un manque d'investissements financiers. Parmi ces traitement,
la vertébroplastie. Il s'agit d'une technique initialement développée
pour les angiomes vertébraux et les métastases [Galibert].
Son utilisation pour les fractures ostéoporotiques, à la
fois pour réduire les phénomènes douloureux, et consolider
la vertèbre, paraît prometteuse [Hardouin,
Peh, Watts], mais jusque-là,
aucun essai clinique comparatif n'avait été réalisé.
L'expérience
de l'équipe genevoise [Martin] est très
importante en terme de nombre de patients (335 dont 119 ostéoporoses).
Les vertébroplasties sont réalisées à plusieurs
niveaux dans le m^me temps (jusqu'à 8 !). Mais l'interprétation
des résultats est impossible, en l'absence de groupe contrôle
et d'évaluation fonctionnelle.Le travail australien qui vient d'être
publié dans l’American Journal of Medicine [Diamond],
compare les effets de la vertébroplastie et des thérapeutiques
physiques chez 79 patients hospitalisés pour un tassement vertébral
ostéoporotique hyperalgique. La population étudiée
: 55 femmes et 24 hommes, de 51 à 93 ans, 3,5 fractures vertébrales
prévalentes en moyenne. Le traitement comprenait un médicament
antiostéoporotique, du calcium et de la vitamine D et une rééducation
fonctionnelle. La vertébroplastie a été proposée
à tous les patients mais n'a été réalisée
que chez les patients volontaires (55 vertébroplasties, 24 traitements
orthopédiques). La confirmation du diagnostic et le repérage
ont été réalisés par une I.R.M. lombaire.
L'injection de 1 à 6 ml de polyméthylmétacrylate
a été réalisée sous anesthésie locale,
par un abord percutané et sous repérage radioscopique. Les
résultats ont été évalués grâce
à des échelles analogiques visuelles de douleur et de fonction.
Le suivi a duré 215 jours en moyenne [57-399]. À la 24e
heure, l'échelle de douleur était significativement diminuée
de 53 % dans le groupe vertébroplastie (p<0,001). L'échelle
fonctionnelle était également améliorée de
29 % (p<0,001). À six semaines, six et douze mois, les scores
de douleur et de fonction étaient identiques dans les deux groupes.
Trois complications ont été retrouvées dans le groupe
vertébroplastie : une hémorragie du psoas et 2 fractures
d'apophyses transverses.
Commentaire
: Le tableau douloureux lié à une fracture vertébrale
disparaît en quelques jours ou en quelques semaines. La persistance
de la douleur est due au spasme musculaire local créé par
la cyphose ou au développement d'une arthrose périfracturaire.
L'effet antalgique immédiat de la vertébroplastie a été
largement écrit depuis la première description en France
en 1987 [Galibert]. Mais le nombre de complications
immédiates est proche de 10 % [Shapiro,Yeom,
Watts]. L'effet "bélier" de la vertèbre
traitée sur les vertèbres adjacentes a été
rapporté dans les mois suivants le traitement et a nécessité
la reprise thérapeutique de la ou des vertèbres sus et sous-jacentes.
L'effet antalgique immédiat de la vertébroplastie justifie-t-il
son utilisation à la place du traitement antalgique et du traitement
fonctionnel ? L'absence d'effet de la vertébroplastie à
moyen et à long terme doit-elle limiter les indications de la vertébroplastie
aux métastases vertébrales ? L'utilisation de ciments résorbables
pourrait apporter des résultats plus intéressants que les
ciments acryliques (PMMA) utilisés actuellement [Tomita].
La réalisation d'un essai contrôlé, randomisé,
peut-être en double aveugle, est indispensable à l'évaluation
objective de cette technique thérapeutique.
- Diamond
TH, Champion B, Clark WA. Management of acute osteoporotic vertebral
fractures: a nonrandomized trial comparing percutaneous vertebroplasty
with conservative therapy. Am J Med. 2003;114(4):257-65 [résumé]
- Evans
AJ, Jensen ME, Kip KE, DeNardo AJ, Lawler GJ, Negin GA, Remley KB,
Boutin SM, Dunnagan SA. Vertebral compression fractures: pain reduction
and improvement in functional mobility after percutaneous polymethylmethacrylate
vertebroplasty retrospective report of 245 cases.Radiology. 2003;226(2):366-72
[résumé]
- Galibert,
P., et al., [Preliminary note on the treatment of vertebral angioma
by percutaneous acrylic vertebroplasty]. Neurochirurgie, 1987. 33(2):
p. 166-8
- Gangi
A, Guth S, Imbert JP, Marin H, Dietemann JL. Related Articles, Links
Percutaneous vertebroplasty: indications, technique, and results.
Radiographics. 2003;23(2):E10-0 [résumé]
- Hardouin
P, Grados F, Cotten A, Cortet B. Should percutaneous vertebroplasty
be used to treat osteoporotic fractures? An update.Joint Bone Spine.
2001;68(3):216-21 [résumé]
- Martin
JB, Dietrich PY, Hugli A, Sappino APTerrier F, Ruefenacht DA. Vertébroplastie
: indications, technique et résultats selon l’expérience
genevoise. Med & Hyg 2428 [Consulter
l'article en ligne]
- Peh
WC, Gelbart MS, Gilula LA, Peck DD. Percutaneous vertebroplasty:
treatment of painful vertebral compression fractures with intraosseous
vacuum phenomena.Am J Roentgenol. 2003;180(5):1411-7 [résumé]
- Peh WC, Gilula
LA.Percutaneous vertebroplasty: indications, contraindications,
and technique.Br J Radiol. 2003;76(901):69-75 [résumé]
- Shapiro
S, Abel T, Purvines S. Surgical removal of epidural and intradural
polymethylmethacrylate extravasation complicating percutaneous vertebroplasty
for an osteoporotic lumbar compression fracture. Case report. J
Neurosurg. 2003;98(1 Suppl):90-2 [résumé]
- Tomita
S, Kin A, Yazu M, Abe M. Biomechanical evaluation of kyphoplasty
and vertebroplasty with calcium phosphate cement in a simulated
osteoporotic compression fracture. J Orthop Sci. 2003;8(2):192-7.
[résumé]
- Watts
NB. Is percutaneous vertebral augmentation (vertebroplasty) effective
treatment for painful vertebral fractures ? Am J Med. 2003 Mar;114(4):326-8.
- Yeom
JS, Kim WJ, Choy WS, Lee CK, Chang BS, Kang JW. Leakage of cement
in percutaneous transpedicular vertebroplasty for painful osteoporotic
compression fractures. J Bone Joint Surg Br. 2003 Jan;85(1):83-9.
[résumé]
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1.2.
Les protecteurs de hanche : des résultats encourageants
Dès
1993, une équipe danoise (Lauritzen)
démontrait l'intérêt des protecteurs de hanche
pour la prévention de la fracture du col du fémur
chez le sujet âgé. Il s'agit d'une étude conduite
dans des maisons de retraite. La randomisation par unité
explique un déséquilibre entre les groupes "avec
protecteurs" (249 sujets), et sans protecteurs (318). Les
résultats sont très intéressant avec réduction
du rique de fracture dans le groupe traité (risque relatif
0,44, IC 0,21-0,94). De plus, les 8 résidents de ce groupe
ayant eu une fracture de hanche ne portaient pas de protection
lors de la chute. Malgré ces résultats encourageant,
la méthode peine a trouver une application systématique,
probablement du fait des contraintes pratiques [Becker].
Deux
études récentes apportent des résultats complémentaires
discordants :
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- Dans le British
Medical Journal de janvier 2003, une étude allemande [Meyer]
concernant deux groupes de patients avec un risque élevé
de chute (459 dans le groupe avec protecteurs de hanche, 483 dans
le groupe contrôle), suivis durant un peu plus d'une année.
Il y a eu 21 fractures de hanche dans le groupe traité et 42
fractures de hanche dans le groupe contrôle. Cette différence
est significative à condition d'un ajustement en fonction du
risque de chute (différence : 53% - IC 38 - 67%). En revanche,
l'incidence des autres fractures est identique dans les deux groupes.
- Dans le JAMA
d'avril 2003, une étude randomisée et contrôlée
hollandaise [van Schoor] a inclus 561 patients
âgés de plus de 70 ans, en maison de retraite ou maisons
spécialisées, ayant une masse osseuse basse et un risque
élevé de chute. Les deux groupes ont été
suivis pendant une durée moyenne de 70 semaines. Dans le groupe
avec protecteurs de hanche, 18 fractures ont été constatées,
contre 20 dans le groupe contrôle. La différence n'était
pas significative, y compris en analyse per-protocole.
En pratique,
l'emploi de protecteurs de hanche s'adresse à des patients fragiles
et surtout à haut risque de chute. La dégradation progressive
des fonctions supérieures dans cette population souvent âgée,
nécessite une éducation du patient et du personnel soignant
et un suivi régulier pour s'assurer de la mise en place correcte
du dispositif. Même nettement améliorés, ces dispositifs
entraînent des phénomènes de macération locale
aggravés par l'incontinence fréquente à cet âge.
La ceinture de sécurité pour la hanche du quatrième
âge existe. L'enrouleur qui permettra de la porter en permanence
reste à inventer.
1.
Lauritzen JB, Petersen MM, Lund B. Effect of external hip protectors
on hip fractures. Lancet, 1993. 341:11-13 [résumé]
2. Becker C, Walter-Jung B, Nikolaus T. The other
side of hip protectors. Age Ageing, 2000. 29(2):186 [fac-simile]
3. Meyer G, Warnke A, Bender R, Mühlhauser
I. Effect on hip fractures of increased use of hip protectors in nursing
homes: cluster randomised controlled trial. BMJ. 2003 Jan 11;326(7380):76
[résumé]
[fac-simile]
4. van Schoor NM, Smit JH, Twisk JW, Bouter
LM, Lips P. Prevention of hip fractures by external hip protectors:
a randomized controlled trial. JAMA. 2003;289(15):1957-62.[résumé]
1.3.
Les avatars de l'étude WHI : coché dans le JAMA
du 28 mai
Ockene
JK et al. Estrogen Plus Progestin and the Incidence of Dementia and
Mild Cognitive. Impairment in Postmenopausal Women: The Women's Health
Initiative Memory Study: A Randomized Controlled Trial. JAMA 2003;289
2651-2662[résumé]
Rapp
SR et al. Effect of Estrogen Plus Progestin on Global Cognitive Function
in Postmenopausal Women: The Women's Health Initiative Memory Study:
A Randomized Controlled Trial. JAMA 2003;289 2663-2672 [résumé]
Wassertheil-Smoller S et al. Effect of Estrogen Plus Progestin on Stroke
in Postmenopausal Women: The Women's Health Initiative: A Randomized
Trial. JAMA 2003;289 2673-2684 [résumé]
2.
sur la toile
2.1.
l'adresse du site de la SFR (on dit URL pour Uniform Resource
Locator) a changé depuis le 16 avril 2003. La nouvelle adresse
: http://www.rhumatologie.asso.fr/
2.2.
sur le site du GRIO
- les articles
du GRIO publiés dans la Lettre du Rhumatologue sont
accessibles in extenso. On pourra consulter (mars 2003) : Ostéoporose
des transplantés.Pr P. Orcel, Dr M. Rousière
- Les pages
professionnelles : leur contenu est en cours d'optimisation. L'accès
réservé (login et mot de passe) est activé. Elles
seront réservées aux membre du GRIO à jour de
leur cotisation. Un espace spécifique "DU" est également
prévu (cours et supports audiovisuels en particulier).
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