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1.The
15th International Densitometry Workshop, Monterey, Californie
Du 22 au 25 juillet,
s'est tenu à Monterey le 15ème Workshop International
de Densitométrie. Le premier du genre avait été
organisé par le Pr. Harry K. Genant à San Francisco en
1979. Il se réunit régulièrement depuis cette date,
alternativement aux USA et en Europe, et rassemble tous les dix-huit
mois environ les spécialistes de la " mesure de masse osseuse
" au sens large.
Après la tomodensitométrie quantitative, dont H.K. Genant
a été un des initiateurs, l'absorptiométrie biphotonique
a été le sujet principal des workshops successifs : perfectionnements
techniques, faisabilité, performances, causes d'erreur, résultats
cliniques de ces techniques sont les principaux sujets d'étude.
Cette année, la DXA garde encore une place de choix, mais les
autres techniques ont été également largement abordées,
en particulier les ultrasons, et aussi l'IRM.
Au début des différentes séances, des conférenciers
invités ont fait le point sur quelques points importants concernant
la densitométrie et l'ostéoporose : la fracture vertébrale
(Genant), les problèmes posés par l'utilisation du T-score
(Miller), les œstrogènes et l'os (Cummings), l'ingéniérie
du tissu osseux (Hollister), la densitométrie en pédiatrie
(Bachrach), les mesures du fémur (Faulkner), les ultrasons et
leurs développements (Glüer, Laugier/Lasaygues), la tomodensitométrie
volumique (Lang), la structure de l'os cortical (Loveridge), les modèles
animaux (Bouxsein), l'IRM et la densité osseuse (LeBlanc).
Puis une large place a été faite aux présentations
scientifiques. Deux thèmes principaux sont ressortis des différents
travaux présentés : les méthodes ultrasonores et
leurs développements, et la microarchitecture osseuse.
a) les méthodes ultrasonores.
L'utilisation des ultrasons pour le diagnostic et le suivi de l'ostéoporose
a fait l'objet d'une séance de communications scientifiques,
la question étant toujours de savoir quelles sont les performances
des paramètres ultrasonores (BUA et SOS) en terme de discrimination
et de prédiction de la fracture, par comparaison avec la BMD
mesurée par DXA qui reste la mesure standard. En ce qui concerne
le suivi de traitements, il apparaît que les ultrasons sont peu
employés dans les études de médicaments, ce qui
fait qu'il y a toujours un manque d'informations sur leur utilité.
Plusieurs conditions sont encore à remplir avant d'emporter la
conviction sur l'efficacité des ultrasons dans les études
cliniques : une base validée pour la population de référence
(au lieu des références diverses des constructeurs), des
études à grande échelle pour la prédiction
de la fracture vertébrale, et pas seulement de la fracture de
hanche, une meilleure formation des utilisateurs et des programmes stricts
et standardisés de contrôle de qualité.
Une autre séance entière était consacrée
aux développements de cette méthode : mesure de l'épaisseur
des travées osseuses du calcaneum à partir de mesures
de rétro-diffusion des ondes ultrasonores, faisabilité
des mesures sur un site profond, le fémur, mesure de la vitesse
de transmission des ultrasons (SOS) dans l'os cortical en fonction de
l'épaisseur corticale et de la porosité intracorticale.
b) la microstructure osseuse.
La fragilité osseuse, donc le risque de fracture, est due principalement
à la perte de matériel osseux, mais elle dépend
aussi de l'architecture osseuse. C'est pourquoi, parallèlement
aux études sur la BMD, l'organisation du tissu osseux fait l'objet
de nombreux travaux : un peu plus du quart des communications scientifiques
traitaient directement ou indirectement de la l'architecture osseuse.
Toutes les techniques d'imagerie étaient utilisées, de
la radiographie à la tomodensitométrie 3D, classique et
à haute définition, jusqu'à l'imagerie haute résolution
(10µ) par rayonnement synchrotron (Peyrin), mais aussi bien sûr
l'IRM (Majumbar, Toffanin) et même les ultrasons (Jenson). D'autres
voies d'approche pour l'étude des paramètres de structure
permettant de discriminer les fractures étaient l'analyse en
éléments finis (Langton), l'analyse fractale (Chappard),
la modélisation stochastique (Timm).
A côté de la vertèbre (Stauber, Link) et du calcaneum
(Peyrin) , le fémur tient maintenant une place prépondérante
dans ces travaux, non seulement l'os spongieux du fémur proximal
(Fox, Engelke), mais aussi l'os cortical (Hangartner, Augat), particulièrement
au niveau du col (Bousson).
La France était
bien représentée à ce Workshop, car 10 communications
orales sur 57 ont été présentées par des
équipes de notre hexagone (Benhamou, Laredo, Laugier, Peyrin).
L'ICRU (International
Commission on Radiation Units and Measurements), dont l'objectif principal
est l'établissement de recommandations, à l'échelle
internationale, concernant les procédures d'utilisation des radiations
ionisantes en radiologie diagnostique et radiothérapie, comprend
un " Comité sur la Densitométrie osseuse ".
La plupart des membres de ce comité (W. Kalender, K. Engelke,
K.G. Faulkner, T. Fuerst, C.C. Glüer, P. Laugier, J.A . Shepherd)
étaient présents au Workshop, et W. Kalender a présenté
le plan du rapport en cours de rédaction et l'état d'avancement
des travaux. Les différentes techniques densitométriques
(TDM, DXA, ultrasons) y seront abordées : définitions,
principes des mesures, causes d'erreurs, précision, performances
et critères diagnostiques, etc, ainsi que des recommandations
pour une bonne pratique à l'usage des cliniciens. Un ouvrage
utile et fort attendu, qui nous a été promis pour le
prochain Workshop, qui se tiendra à Annecy (France)
en 2004.
2.
quelques références bibliographiques
2.1. Les bisphosphonates
retardent l'apparition des métastases osseuses
Les
bisphosphonates semblent avoir deux modes d'action au cours de la maladie
cancéreuse : une diminution de l'activité ostéoclastique
induite localement par les micrométastases et un effet antitumoral
direct. Ainsi, Kanis et coll. (1) avaient démontré en
1996 l'administration de 2600 mg par jour de clodronate réduit
de moitié l'incidence des nouvelles métastases osseuses
du cancer du sein (étude concernant 133 femmes porteuse
d'un cancer sans métastase osseuse). Toutefois, les essais suivants
avec cette molécule ont montré des effets variables sans
effet apparent sur la survie.
Quelques
études récentes :
- Djulbergovic
et coll. se sont penchés sur les effets des bisphosphonates
dans le traitement du myélome multiple. Ils ont repris
les résultats concernant 1113 patients traités par bisphosphonates
et 1070 patients contrôles. Les patients traités avaient
une réduction sensible du risque de fracture vertébrale
(Odds Ratio 0,59 / IC 0,45 - 0,78) et une diminution des douleurs.
En revanche, pas de modification de l'hypercalcémie, des fractures
non vertébrales ou de la mortalité (2).
- Rosen et coll.
ont comparé les effets du zolédronate (4 mg)
versus pamidronate (90 mg) chez 768 patientes porteuses d'un cancer
du sein avec au moins une métastase osseuse (le pamidronate
a démontré dans des études contre placebo sa
capacité à retarder l'apparition de métastases
osseuses dans ces situations). L'objectif primaire de l'étude
était le délai avant apparition d'un événement
osseux (fracture pathologique, tassement vertébral, compression
médullaire, chirurgie osseuse). Le nombre de ces événements
était identique dans les deux groupes. Dans le sous-groupe
de patientes avec une métastase ostéolytique, l’étude
est en faveur du zolédronate, avec diminution (à la
limite de la significativité) du nombre d'événements
osseux et surtout augmentation sensible du le délai d'apparition
du premier événement (310 jours versus 174 jours, résultat
significatif) (3).
- L’étude
de Lipton montre une activité intéressante du zolédronate
dans les métastases lytiques et ostéoblastiques
du cancer du sein (4)
Les
futurs essais cliniques devront préciser les indications des
bisphosphonates en fonction du type de la tumeur et de son stade évolutif.
1-
Kanis
JA, Powles T, Paterson AH, McCloskey EV, Ashley S. Clodronate
decreases the frequency of skeletal metastases in women with breast
cancer. Bone. 1996 Dec;19(6):663-7
2-
Djulbegovic
B, Wheatley K, Ross J, et al. Bisphosphonates in multiple
myeloma. Cochrane Database Syst Rev. 2002;(3):CD003188
3-
Rosen L. et al. Zoledronic acid (4mg) is more effective than
pamidronate (90 mg) for treating bone metastases in breast cancer
patients with at least one osteolytic lesion. 27 th annual meeting
of the European Society of Medical Oncology, 2002, P629
4-
Lipton
A, Small E, Saad F, Gleason D, Gordon D, Smith M, Rosen L, Kowalski
MO, Reitsma D, Seaman J. The new bisphosphonate, Zometa (zoledronic
acid), decreases skeletal complications in both osteolytic and osteoblastic
lesions: a comparison to pamidronate. Cancer Invest. 2002;20
Suppl 2:45-54
2.2. Traitement
hormonal substitutif
Controverses
sur le THS : l'étude WHI
On pourra consulter
l'abondante correspondance à propos de l'étude WHI (controverses
sur le THS, analysé dans le précédent
N° de la lettre électronique du GRIO) dans le N°
22 / 288 du JAMA du 11 décembre 2002, accessible
en fac-simile
Coché également
dans la revue Prescrire : Hormonothérapie substitutive
de la ménopause : des risques cardiovasculaires. Rev Prescr.
2003 Jan;23(235):27-33. [Résumé]
Effet métabolique
bénéfique du THS ??
Le traitement hormonal
substitutif de la ménopause réduit-il l'incidence du diabète,
comme certaines études l'ont suggéré ? Pour répondre
à cette question, l'incidence de diabète a été
évaluée chez les 2763 patientes de l'étude HERS
: celle-ci diminue de 35% chez les patientes sous oestrogènes
conjugués par rapport au groupe placebo, différence significative.
Toutefois, cette étude comporte des biais gênants : le
diabète n'était pas un critère de jugement même
secondaire de l'étude, et il s'agit d'une analyse post-hoc. Ainsi
en réintroduisant les patientes exclues de cette étude
car ayant déjà un déséquilibre glucidique
à l'inclusion, on fait disparaître la différence
d'incidence des les deux groupes… Il est donc pour le moins prématuré
de proposer le THS comme prévention du diabète chez les
femmes ayant une cardiopathie ischémique…
Alka
M. Kanaya, MD; David Herrington, MD, MHS; Eric Vittinghoff, PhD; Feng
Lin, MS; Deborah Grady, MD, MPH; Vera Bittner, MD, MSPH; Jane A. Cauley,
DrPH; and Elizabeth Barrett-Connor, MD. Glycemic Effects of Postmenopausal
Hormone Therapy: The Heart and Estrogen/progestin Replacement Study.
A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Trial. Ann Intern Med
2003; 38 (1) 1-9 [fac-simile]
2.3. Tériparatide
et ostéoporose chez l'homme
Les effets osseux
de la PTH 1-34 chez l'homme : 437 hommes ostéoporotiques ont
été traités par placebo, 20 µg ou 40 µg
de PTH 1-34 pendant une durée moyenne de onze mois. Par rapport
au groupe placebo, la densité minérale lombaire avait
augmenté de 5,9 % (20 µg) et de 9 % (40 µg). La densité
minérale du col fémoral avait augmenté de 1,5 %
(20 µg) et de 2,9 % (40 µg). La densité minérale
du corps entier avait augmenté de 0,6 % (20 µg) et de 0,9
% (40 µg). Le résultat est indépendant du taux de
testostérone plasmatique.
Orwoll
ES, Scheele WH, Paul S, Adami S, Syversen U, Diez-Perez A, Kaufman JM,
Clancy AD, Gaich GA.The effect of teriparatide [human parathyroid hormone
(1-34)] therapy on bone density in men with osteoporosis. J Bone Miner
Res. 2003 Jan;18(1):9-17 [article en consultation libre sur le site
de la revue :http://www.jbmr-online.org/]
3.
sur le
site du GRIO
Les
articles du GRIO publiés dans la Lettre du Rhumatologue
sont
accessibles en fac-simile sur le site.
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