La Lettre du – N°5 - Mai 2002

Ont participé à l'élaboration de ce N°5 : P. Fardellone, B. Sutter, & G Weryha

Au sommaire :

1. Analyse d'article : épidémiologie des tassements vertébraux en Europe
2. Les sites internet concernant les médicaments
3. Des références bibliographiques en ligne concernant l'ostéoporose

 

1. Epidémiologie des tassements vertébraux en Europe

L'article : Incidence of vertebral fracture in europe: results from the European Prospective Osteoporosis Study (EPOS). J Bone Miner Res. 2002 Apr;17(4):716-24
accès résumé Medline
site JBMR

Position du problème :
La fracture vertébrale est la fracture ostéoporotique par excellence. Elle est pourvoyeuse de douleurs rachidiennes et de handicaps et elle représente une charge pour la communauté. Cependant il existe peu de données sur l'incidence de ces fractures chez les européens et tout particulièrement les hommes. C'est pourquoi une vaste étude européenne de prévalence des tassements vertébraux ("European Vertebral Osteoporosis Study" ou EVOS) avait été débutée il y a une dizaine d'années dans plusieurs pays européens. Dans un deuxième temps, afin d'étudier l'incidence des fractures vertébrales et l'influence de l'âge, du sexe et de la géographie, 14011 femmes et hommes européens issus de l'étude EVOS ont été suivis prospectivement par 29 centres européens pendant une période moyenne de 3,8 ans (étude EPOS ou " European Propective Osteoporosis Study). Des radiographies du rachis réalisées selon une méthode standardisée ont été réalisées au début et à la fin de la période de suivi. La lecture des clichés a été centralisée et faite conjointement par les méthodes semi-quantitative et radiomorphométrique.

Résultats :
1. L'incidence annuelle des fractures vertébrales s'élevait à :

-
10,7 pour mille chez les femmes
-
05,7 pour mille chez les hommes

2. L'incidence augmente avec l'âge pour les deux sexes tout en restant toujours plus élevée chez la femme que chez l'homme.

3. Comme pour les fractures du poignet et de la hanche, l'incidence est plus élevée dans les populations scandinaves que dans les autres régions européennes.

Grâce à cette étude, on peut prévoir qu'en Europe, avec une population de 155 millions de sujets âgés de 50 à 79 ans, 1,4 millions de femmes et d'hommes seront victimes chaque année d'une fracture vertébrale.

NDRL : ÉPIDÉMIOLOGIE - DÉFINITIONS

  • Incidence : nombre de nouveaux cas observés pendant une période donnée, en général exprimée pour mille, et par année.
  • Prévalence : nombre de personnes malades à un instant (prévalence instantanée) ou pendant une période en général d'un an (assimilable à une fréquence), sans distinction entre les cas nouveaux et les cas anciens.
  • En général, la valeur de la prévalence est plus élevée que l'incidence, car une majorité des patients atteints sont porteurs de leur maladie pendant plusieurs années avant guérison ou décès.
  • Les enquêtes de prévalence sont plus faciles à réaliser (ex. " un jour donné") ; les enquêtes d'incidence sont délicates mais plus pertinentes

 

2. Les sites internet concernant les médicaments

BIAM
source
La Banque de Données Automatisée sur les Médicaments est "née d'une initiative associant l'Université et l'Industrie Pharmaceutique".
site
coût
gratuit
inscription
nécessaire afin d’obtenir un code d’accès (très rapide)
intérêt
consulter le nom commercial du médicament selon le pays. Ainsi trouve-t-on la lovastatine, qui n’est pas commercialisée en France
Critique
mise à jour : les fiches concernant la cérivastatine sont toujours en ligne. Le Zométa n'y est pas encore. En fait, le site est en cours de refonte
VIDAL source
Éditions VIDAL 2 rue Béranger 75140 PARIS Cedex 03.
site
coût
service payant, 96 € TTC. Gratuit si vous êtes abonné au dictionnaire VIDAL
inscription
login / mot de passe
intérêt
les avantages du dictionnaire VIDAL, en ligne, avec les dernières mises à jour
Critique
Les limites des feuilles du dictionnaire VIDAL
Et cette note inattendue de la part d'un site payant et d'un éditeur référencé:  "La base de données et le programme de ce site web ont été préparés avec un soin extrême. Leur réalisation est cependant si complexe qu'une erreur a pu s'y glisser; l’éditeur décline toute responsabilité pour les conséquences qui pourraient en résulter et remercie par avance l’utilisateur de bien vouloir la lui signaler"...
Les Éditions VIDAL (seul site à se dédouaner explicitement de toute responsabilité), jointes à ce propos n'ont pas souhaité donner d'explications à ce sujet.
Thériaque source
Le site du CNHIM, Centre National Hospitalier d'Information sur le Médicament. Le financement est assuré par la Caisse Nationale d'Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS), "sans contribution des entreprises de fabrication, d'exploitation et de distribution des produits de santé".
site
coût
gratuit
inscription
nécessaire afin d’obtenir un code d’accès (très rapide)
intérêt
Apparemment très complet. Recherche multicritères. RMO, etc... à glisser dans ses favoris.
Critique
ne supporte pas les accents... ce qui est habituel sur la toile. Il faut taper Zometa et non Zométa

Que penser des informations glanées sur ces sites ? Nous vous conseillons de recouper les informations, avant d'envisager d'en tenir compte pour une application thérapeutique. Soulignons la circonspection avec laquelle on utilisera d'une manière générale des renseignements médicaux à partir de sources électroniques. Bien entendu, l'utilisation de ces données doit être formellement déconseillée pour un usage par des non professionnels.

Citons également :

  • le Compendium Suisse des Médicaments (http://www.documed.ch/franz/), du groupe Vivendi Universal... de nombreux renseignements, les prix des médicaments en Francs Suisses, et les substances actives en latin.
  • l'indispensable site de la FDA (http://www.fda.gov/): les recherches sont fastidieuses, mais l'on trouvera avec une transparence exemplaire de nombreux documents, en particulier les dossiers déposés par les firmes pharmaceutiques.
  • L'AFSSAPS (http://agmed.sante.gouv.fr/), agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, qui s'est substituée à l'Agence du Médicament depuis mars 1999.

Enfin, dans les sites médicaux grand public, les informations sont en général très insuffisantes, voire fausses. A déconseiller.

3. Des références bibliographiques concernant l'ostéoporose

A noter, une initiative intéressante des laboratoires SERVIER, qui offrent la possibilité de s'inscrire en ligne à une revue d'informations bibliographiques concernant l'ostéoporose, avec accès aux versions intégrales des articles analysés.

Cette initiative n'est sans doute pas étrangère à l'annonce des résultats de l'étude PROTOS (ranélate de Strontium), lors du congrès mondial de l'ostéoporose, qui se tiendra à Lisbonne du 10 au 14 mai 2002, et dont nous vous parlerons le mois prochain.

 

© GRIO - Groupe de Recherche & d'Information sur l'Ostéoporose - www.grio.org