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XXème Journée scientifique du |
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| MÉNOPAUSE
ET TRAITEMENT HORMONAL La
controverse sur le " Traitement Hormonal de la Ménopause " (THM)
qui a atteint un nouveau pic au cours des 3 dernières années offre
l'avantage de pouvoir clarifier une situation ambiguë concernant l'utilisation
des estrogènes chez la femme ménopausée. D'abord
prescrits pour apporter une " éternelle féminité "
et traiter le syndrome climatérique, les estrogènes ont par la suite
soulevé beaucoup d'espoir dans la prévention et le traitement de
pathologies chroniques et graves de la femme ménopausée comme l'ostéoporose,
puis les maladies cardio-vasculaires et enfin les démences, ce qui explique
l'engouement connu par le THM pendant près de 50 ans. Les effets potentiels
des estrogènes sur le risque de cancers gynécologiques n'a par ailleurs
jamais été méconnu, mais souvent minimisé. Si le cancer
de l'endomètre a pu être prévenu par l'addition de progestatifs
de synthèse à partir de 1975, l'hypothèque du cancer du sein
a toujours été présente en cas de traitement prolongé. Toute
l'histoire du THM a en fait a été dominée jusqu'à
nos jours par les données issues des USA. C'est à partir des années
1960 et sous la pression d'une industrie pharmaceutique puissante, qu'a été
peu à peu imposé aux USA, puis aux autres pays occidentaux, un concept
amenant à considérer la ménopause comme une nouvelle maladie
débilitante de la femme moderne, facile à diagnostiquer et relevant
presque systématiquement " d'un traitement hormonal ". Comme
dans d'autres domaines économiques de ce pays, un quasi-monopole s'est
rapidement imposé au niveau thérapeutique, basé sur l'administration
d'estrogènes d'origine animale, peu chers à produire (Conjugated
Equine Estrogens ou CEE). Le PREMARIN , produit phare des laboratoires Ayerst
et Wyett était au 5ème rang des médicaments les plus prescrits
en 1975 aux USA et a occupé le top 50 des ventes de l'industrie pharmaceutique
américaine jusqu'en 2002. L'association CEE+MPA représentait le
schéma thérapeutique prescrit chez plus de 90 % des femmes américaines
recevant un THM. Le succès de ce traitement a été conforté
jusqu'au début des années 2000, par de nombreuses études
d'observation dont la majorité ont renforcé la vision d'un THM omni-efficient,
simple à administrer, à posologie unique, et capable de réduire
le nombre de fractures ostéoporotiques et surtout la mortalité cardio-vasculaire,
1ère cause de décès aux USA et dans les pays occidentaux.
Ce bénéfice était cependant obtenu au prix d'une légère
augmentation du nombre (mais non de la mortalité) des cancers du sein.
C'est dans ce contexte optimiste qu'ont été mis en place à
la fin des années 1990, sous l'égide de plusieurs agences de santé
américaines, de grands essais cliniques randomisés visant à
confirmer à une grande échelle les résultats positifs de
l'association CEE+MPA. Les résultats des études HERS et WHI n'ont
pas répondu à ces espoirs et ont conduit les autorités de
santé aux USA et par mimétisme en Europe, à condamner le
" THM " et à le réserver à ses indications initiales,
c'est-à-dire le traitement du syndrome climatérique et éventuellement
la prévention à court terme de l'ostéoporose post-ménopausique.
Cette décision a été mal comprise en France où depuis
le début des années 1970, notamment sous l'impulsion de P. Mauvais-Jarvis,
avait été développée une autre approche, plus physiologique
et plus prudente, de la correction de la carence estrogénique, basée
sur l'administration des hormones humaines, estradiol et progestérone,
selon des posologies adaptables au plan individuel. En effet même, si elle
ne constitue pas une maladie, la ménopause correspond à une diminution
drastique de la production estrogénique diminuant certes le risque des
tumeurs estrogéno-dépendantes, mais augmentant par ailleurs, chez
certaines femmes des processus tissulaires délétères qui
favorisent la survenue d'évènements pathologiques. Parallèlement
à la saga commerciale du THM, l'histoire scientifique des estrogènes,
beaucoup moins médiatisée, a progressé de façon incessante
depuis leur caractérisation de 1923 à 1928 par Allen et Doisy. Ces
connaissances fondamentales nouvelles nous apportent aujourd'hui les clés
permettant de mieux comprendre la diversité des effets tissulaires de ces
hormones et la complexité de leurs mécanismes d'action. Les estrogènes
sont des stéroïdes dits " sexuels ", mais dont les effets
tissulaires s'exercent bien au-delà des organes de la reproduction et du
temps limité de la vie reproductive de la femme. Leur action cellulaire
passe par un mécanisme de base, impliquant la liaison de l'hormone sur
des récepteurs nucléaires (Er , ERß) qui orchestrent des fonctions
d'activation et de répression de la transcription, d'intégration
de voies de signalisation cellulaire et de contrôle du cycle cellulaire
(prolifération, apoptose). La mise en évidence des effets tissulaires
des estrogènes sur des cibles longtemps méconnues fait l'objet de
recherches intensives. Le tissu osseux a constitué tout naturellement le
champ privilégié d'investigation depuis de nombreuses années,
l'ostéoporose représentant la complication la plus emblématique
de la ménopause. Actuellement les mécanismes cellulaires et moléculaires
de l'action anti-ostéoclastique des estrogènes, base de leur effet
anti-osteoporotique ont été élucidés. Au plan vasculaire,
outre leurs effets métaboliques cardioprotecteurs, leur rôle sur
le système immuno-inflammatoire commence tout juste à être
analysé et explique des effets apparemment paradoxaux entre la prévention
de l'athérosclérose et l'augmentation des accidents cardio-vasculaires.
Au plan neurologique, l'effet neuroprotecteur de l'estradiol est mieux documenté
in vitro. Au plan du cancer du sein, leur interaction avec les progestatifs ouvre
des voies nouvelles de recherche. L'analyse
des données épidémiologiques sur les différents traitements
hormonaux utilisés selon les pays chez les femmes ménopausées,
ainsi que les données cliniques et biologiques les plus récentes
apparaissent en cohérence avec les données acquises au plan fondamental.
Elles confirment qu'il ne saurait y avoir un traitement hormonal de la ménopause
en général, mais que le véritable problème thérapeutique
est de savoir prévenir si nécessaire les conséquences de
la carence estrogénique, par le choix du " bon traitement " au
" bon moment ", et chez les femmes les plus susceptibles d'en bénéficier.
retour programme 20ème journée mise à jour : 26 janvier 2007
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GRIO - Groupe de Recherche &
d'Information sur l'Ostéoporose - www.grio.org |