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XVIIIème
Journée scientifique du
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Professeur
Claude RIBOT
Il
était bien sûr important que les autorités sanitaires
responsables (DGS, ANAES, AFSSAPS) prennent position sur l'utilisation
de traitements hormonaux chez la femme ménopausée, après
les publications des études anglo-saxonnes récentes
concluant à un effet globalement négatif du THS en raison
d'un risque accru de cancers du sein et d'accidents cardio-vasculaires.
Cependant, la condamnation en pratique de l'utilisation du traitement
hormonal dans la prévention de l'ostéoporose qui découle
de ces recommandations apparaît injustifiée. De fait,
ces recommandations sont critiquables car elles sont excessives, elles
placent les médecins dans une situation d'impasse thérapeutique
et elles ne tiennent pas compte des possibilités nouvelles
d'une prise en charge rationnelle de l'ostéoporose grâce
aux progrès thérapeutiques. 1-Recommandations
excessives : Parce
que la lecture qui a été faite des données des
études anglo-saxonnes (HERS, WHI) attribue au traitement hormonal
une dangerosité de principe qui ne veut pas tenir compte qu'il
s'agissait dans ces études d'un schéma thérapeutique
uniforme, "lourd" : 0.625 mg d'estrogènes combinés
équins (ECE) et 5 mg d'acétate de médroxy-progestérone
(MPA) administré de façon quotidienne, par voie orale,
dans une population à risque cardiovasculaire et surtout âgée.
Rappelons que la population étudiée était constituée
de femmes âgées en moyenne de 63 ans et ménopausées
depuis plus de 10 ans. Certes
l'incidence des fractures ostéoporotiques est faible entre
50 et 65 ans, mais même dans cette situation le THS, comme le
rappelle ce rapport est le seul traitement " dont le bénéfice
en termes d'épargne fracturaire est démontré
pour des femmes de 50 à 60 ans ". L'étude WHI
a confirmé de manière irréfutable cette efficacité
et ceci pour tous les types de fractures par fragilité avec
le même niveau de réduction du risque dans les bras "estro-progestatifs
" et le bras " estrogènes seuls " plus récemment
publié. Par ailleurs, il est important de souligner que cette
population était à faible risque d'ostéoporose
puisque les femmes qui avaient des antécédents fracturaire
récents et/ou la notion d'un niveau de densité minérale
osseuse (DMO) déjà abaissée ont été
exclues de l'essai WHI. Un faible pourcentage de femmes avait des
valeurs de DMO abaissées ce qu'il faut avant tout rapprocher
du fort pourcentage de surcharge pondérale et d'obésité.
C'est aussi à cet âge, que le THS est susceptible d'entraîner moins de risques tant sur le sein, que l'appareil cardiovasculaire :
2-L'impasse
thérapeutique : Que
nous propose-t-on en échange du THS ? De donner la préférence
à des traitements tels " les bisphosphonates et le raloxiféne,
certes sans effets indésirables majeurs, tout au moins le recul
actuel (5-10 ans) mais dont le bénéfice en termes d'épargne,
fracturaire n'est démontré que chez des femmes âgées
et ostéoporotiques (T score< -2,5) ". Et il faut
bien admettre que nous ne disposons pas de données d'efficacité
antifracturaire de ces traitements chez des femmes plus jeunes en prévention
primaire comme nous en disposons avec le THS. De plus, le THS est le seul traitement de prévention de l'ostéoporose qui est remboursé. Ne plus pouvoir l'utiliser crée de toute évidence une injustice, puisque seules les femmes ayant des ressources suffisantes pourront bénéficier des autres traitements disponibles, plus chers (13 Euros/par mois pour THS combiné-continu contre 38 Euros/mois pour bisphosphonates ou raloxiféne non remboursés avant la fracture). Ajoutons de plus que ces recommandations ne tiennent pas compte du fait que l'ostéodensitométrie indispensable à l'évaluation du risque d'ostéoporose et qui sous-tend l'utilisation de ces traitements n'est pas non plus remboursée, ce qui contribue encore à l'inégalité de la prise en charge. L'incohérence de cette situation n'a pas manqué du reste d'être relevée dans ce rapport d'orientation où l'on peut lire (p.10) : " la commission note cependant que les alternatives thérapeutiques ne sont pas remboursées par l'assurance maladie et qu'il serait pertinent d'en envisager le remboursement ". On en arrive ainsi à cette situation aberrante où après avoir recommandé aux médecins de prescrire des " alternatives thérapeutiques ", il faut maintenant envisager leur remboursement tout en reconnaissant l'absence de données d'efficacité dans cette situation de prévention primaire. Il est donc à craindre, comme cela été le cas avec les statines, par exemple, un large dérapage des indications. 3--
Une stratégie rationnelle incluant le THS : L'utilisation
d'un THS, administré tôt et pour une durée limitée
peut parfaitement être intégrée de nos jours dans
une stratégie de prévention à long terme de l'ostéoporose.
En effet, le THS ne constitue plus la seule arme efficace pour lutter
contre l'ostéoporose, comme c'était le cas, il y a encore
10 ans où son utilisation nécessairement prolongée
n'était pas exempte de risque carcinologique. La disponibilité
de nouvelles molécules (SERMs, bisphosphonates et bientôt
les anaboliques osseux), ayant démontré une efficacité
anti-fracturaire chez des femmes plus âgées et à
haut risque fracturaire nous donne la possibilité d'une prise
de relais du traitement hormonal. La stratégie actuelle de prévention
de l'ostéoporose ne doit plus être basée sur une
monothérapie, mais sur un choix de différentes molécules
adaptées à l'âge et à la situation clinique.
mise
à jour : 8 février 2005
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