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XVIIIème
Journée scientifique du
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D.
LOEUILLE
- NANCY La relation entre arthrose et ostéoporose s'est posée devant la constatation par les chirurgiens de l'absence de modifications arthrosiques dans les hanches fracturées de sujets ostéoporotiques. Cette relation envisagée, différentes études ont été réalisées sans toutefois formellement confirmer cette relation tout en soulevant de nombreuses questions. En effet, l'augmentation de la densité pourrait aussi bien anticiper l'arthrose ou être secondaire à la détérioration engendrée par la maladie. La plupart des études ont occulté les facteurs confondants tels que l'activité physique, l'obésité et la race. Les échantillons utilisés n'ont pas été randomisés et seuls les patients présentant des manifestations cliniques étaient sélectionnés sans réelle confrontation radiographique. Dans certains cas, l'absence de véritables groupes contrôles appareillés à l'âge et au sexe est à signaler. Des études ont confronté les données de la densité minérale osseuse sur une région d'intérêt (col ou rachis lombaire) sans rapport avec l'articulation arthrosique cible (genou) et sans suivi longitudinal. Enfin, le diagnostic d'arthrose repose sur un examen radiographique qui sous-estime la gravité de la maladie arthrosique. Biomécaniquement,
le cartilage est soumis à trois types de force : les forces de
tension de cisaillement et de pression. Le tissu cartilagineux rend compte
de 3 % de l'amortissement des forces exercées au sein d'une articulation.
Au cours du processus de vieillissement, la possibilité de résister
à ces forces de tension (couche superficielle) et de cisaillement
(couche intermédiaire) diminue sans toutefois atteindre les valeurs
du cartilage arthrosique. Cette diminution de résistance est secondaire
à une altération du réseau collagénique qui
atteint préférentiellement la couche superficielle du cartilage.
La possibilité de résister aux forces de pression dépend
essentiellement de la teneur en protéoglycanes qui influence directement
les mouvements de fluide au sein d'une matrice où la porosité
est gouvernée par l'architecture rigide (collagène) et surtout
par l'encombrement spatial des protéines sulfatées et sucrées.
Suite à la diminution de la concentration en protéoglycanes
inhérente au processus de vieillissement, le tissu cartilagineux
va augmenter sa composante hydrique. Cependant, la pression interstitielle,
résultante de la concentration en protéoglycanes et en eau,
va diminuer au cours du processus de vieillissement. Cette diminution
de la pression interstitielle va se localiser initialement dans la couche
superficielle du cartilage avant d'atteindre les couches plus profondes. En raison de cette étroite relation existant entre la fragilisation du cartilage et de l'os sous chondral au cours du processus de vieillissement, certains auteurs ont suggéré la possibilité à l'os sous chondral d'initier la destruction du cartilage. Cette théorie proposée par Radin, repose sur une densification inhomogène de l'os sous chondral au sein d'une articulation qui fragiliserait le tissu cartilagineux . Les forces de pression ainsi exercées sont moins bien amorties là où l'épaisseur de l'os sous chondral est plus faible, exposant davantage le cartilage aux forces de cisaillement. L'hypersollicitation de l'articulation aboutit à la formation de fissures qui atteignent toute l'épaisseur du cartilage. La poursuite des activités et l'absence de réparation favorisant la formation de lésion focale avec mise à nu de l'os sous chondral. Cependant cette théorie n'a pas été validée par certains modèles expérimentaux ainsi que par des modèles ex vivo de modélisation. Récemment, Felson et al ont montré qu'un oedème trabéculaire pouvait jouer un rôle dans l'aggravation des lésions du cartilage dans les gonarthroses désaxées . Ils ont montré chez plus d'une centaine de patients suivis pendant 18 mois en IRM que les patients présentant un œdème osseux sur des séquences pondérées T2 avaient un risque statistiquement significatif d'aggraver les lésions cartilagineuses situées dans la même région. 70 % des genoux présentant une progression des lésions cartilagineuses du compartiment fémoro-tibial interne, avaient un œdème osseux trabéculaire localisé à proximité. Ce risque est presque identique pour les deux compartiments (RR de 6,5 pour le compartiment fémoro-tibial interne et de 5,5 pour le compartiment fémoro-tibial externe) et diminue légèrement après ajustement aux déformations frontales (varus et valgus) avec un risque relatif de 5. Cet œdème osseux, observé sur les séquences T2, correspondrait soit à des phénomènes fissuraires soit encore à des phénomènes nécrotiques Ces études soulignent les limites de la radiographie standard et la nécessité de faire un diagnostic précis et précoce des lésions cartilagineuses tout en ayant des informations pertinentes sur les structures articulaires avoisinantes (os et membrane synoviale). L'IRM semble à ce titre le moyen le plus adapté pour dépister et suivre les modifications cartilagineuses et osseuses survenant au cours du vieillissement et établir les mécanismes physiopathologiques de l'aggravation des lésions cartilagineuses au cours d'œdème osseux. En outre, certains travaux récents par cartographie T2 (technique IRM quantitative disponible sur un imageur clinique), montrent que cette technique serait susceptible de mesurer les variations biochimiques et structurales du tissu cartilagineux au cours des processus de maturation et de vieillissement. L'intérêt de cette approche par IRM réside dans la possibilité de caractériser les modifications tissulaires de l'os et du cartilage.
Felson
DT, Mc Laughkin S, Goggins J, Lavalley M, Gale ME, Totterman S, Li W,
Hill C, Gale D. Bone marrow edema (BME) and its relation to X-ray progression
in knee osteoarthritis (OA). ACR, New orleans 24-29 october 2002, Arthritis
and Rheum, 46,9,S558 |
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