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Corticoïdes
inhalés et ostéoporose
Pierre J. Meunier, Service de Rhumatologie et de Pathologie Osseuse, Hôpital
Edouard Herriot, Lyon.
Alors
qu'il est bien établi que les corticoïdes administrés
au long cours par voie orale chez les sujets asthmatiques ou atteints
de bronchopneumopathies chroniques obstructives sont inducteurs d'ostéoporose
(OP), les effets cataboliques osseux des corticoïdes inhalés
(CI), efficaces et largement utilisés dans l'asthme, sont discutés
et tendent à être sous-estimés. Ce débat n'est
pas sans incidence thérapeutique puisque plusieurs bisphosphonates
ont désormais démontré leur efficacité dans
la prévention de l'OP cortisonique et de ses complications fracturaires.
Une vaste étude conduite chez des médecins généralistes
britanniques a montré récemment l'augmentation du risque
de fracture vertébrale et de fracture de hanche chez les utilisateurs
de CI comparés à des témoins (1), mais sans augmentation
par rapport aux utilisateurs de bronchodilatateurs.
De nombreuses études transversales ou prospectives ont montré
une baisse significative de la densité minérale osseuse
(DMO) et/ou fémorale chez les utilisateurs de CI, avec une relation
positive entre la dose cumulative de CI et la baisse de la DMO. Ainsi,
à partir d'une méta-analyse de 10 études, Lipworth
(2) concluait en 1999 que les CI, lorsqu'ils sont administrés à
des doses quotidiennes supérieures à 1,5 mg, s'associent
en général à une baisse de la DMO, et Israel (3)
a montré en 2001 par une étude prospective de 3 ans conduite
chez des femmes asthmatiques non ménopausées et exposées
aux CI, une baisse dose-dépendante de la DMO fémorale totale
et trochantérienne. On peut recommander aujourd'hui au clinicien
de faire pratiquer une ostéodensitométrie et d'introduire
selon ses résultats une thérapeutique anti-ostéoporotique
chez les asthmatiques traités par les CI et ayant présenté
une fracture, chez ceux ayant reçu successivement des corticoïdes
oraux et inhalés, chez ceux recevant des doses élevées
de CI (> 800 mg/jour), chez ceux ayant d'autres facteurs de risque
d'ostéoporose (post-ménopause non substituée, antécédents
familiaux d'OP…).
Le programme thérapeutique consiste à réduire la
dose de CI au minimum nécessaire, à apporter un supplément
calcique et vitaminique D, à instituer éventuellement un
traitement hormonal substitutif, et, en cas de DMO basse, à utiliser
les bisphosphonates (alendronate 10 mg/jour ; risedronate 5 mg/jour).
Le risque osseux des CI existe et ne doit pas être sous-estimé.
Références
1. Van Staa TP et coll. J. Bone Miner. Res. 2001 ; 16 : 581-8
2. Lipworth BJ. Arch. Intern. Med. 1999 ; 159 : 941-55
3. Israel E. N. Engl. J. Med. 2001 ; 345 : 941-7
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programme 15ème journée
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