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Ostéoporose
et HIV
Yves Maugars, Joëlle Glémarec, Brigitte Alavéna, Pascale
Guillot,
Denis Rodet, Yves Laborie, Eric Billaud
Service de Rhumatologie et CISIH, CHU de Nantes
La liste des complications
articulaires associées au HIV est longue et étudiée
de longue date. Mais ces dernières années, avec la survenue
de nouveaux traitements et un suivi prolongé, deux complications
osseuses ont été mises en évidence: les ostéonécroses
et les déminéralisations osseuses.
Les ostéonécroses restent rares (environ 2% symptomatiques?)
et souvent multiples. Les hypothèses physiopathogéniques
impliquent déjà les anti-protéases (hypertriglycéridémie
secondaires et lipodystrophies), et possiblement les anticorps antiphospholipides
(60 à 90%).
La première publication ayant retrouvé une diminution de
la densité minérale osseuse lombaire chez des patients HIV
+ remonte à 1997 (Paton, CTI) dans une étude cas-témoins
(n=45). Un suivi de 15 mois chez 21 patients a montré une perte
osseuse significative de 1,6%. Tebas en 2000 (AIDS) a impliqué
les anti-protéases dans la genèse de cette déminéralisation
dan une autre étude cas-témoins (n=112), ce que n'a pas
confirmé Carr l'année suivante (AIDS) chez 221 patients
(dont 147 sans anti-protéases). Le taux de lactates et le bas poids
avant traitement avaient été retrouvés corrélés
avec une DMO diminuée. Dans cette série, 22% des patients
étaient ostéopéniques, avec seulement 3% sous le
seuil du Tscore < -2,5 ds, et aucun cas fracturaire (quelques rares
cas éparses publiés dans la littérature). Par contre,
2 études très récentes impliquent également
les anti-protéases. La première de Mora (AIDS) a étudié
40 enfants en absorptiométrie (cas contrôles), dont 35 sous
anti-protéases et 6 avec une lipodystrophie. Une corrélation
positive est significative entre la diminution de la DMO et la prise d'anti-protéases
d'une part, et la présence d'une lipodystrophie d'autre part. Les
marqueurs du remodelage osseux sous augmentés sous anti-protéases.
Enfin, McDermott (Am J Clin Nutr), chez 203 hommes et 62 femmes HIV +
(cas contrôles) a également retrouvé un rôle
significatif des anti-protéases chez l'homme sur la diminution
de la DMO, avec re-répartition des graisses des membres inférieurs
vers le tronc. Une association avec la durée du traitement est
mise en évidence. Nous présentons les résultats convergents
de notre propre série.
En conclusion,
une perte osseuse est effective chez les hommes HIV +, modérée
(en moyenne - 1 ds) mais significative. Son incidence est faible, avec
seulement 3 à 8% de patients sous le seuil de - 2,5 ds en Tscore,
et un très petit nombre de fractures rapportées compte-tenu
de la DMO de départ plus élevée chez les hommes par
rapport aux femmes. Comme facteur de risque, on peut évoquer 3
principaux paramètres: la maladie HIV elle-même (rôle
des cytokines?), les anti-protéases, et les anomalies de répartition
des graisses associées. La déminéralisation est à
haut niveau de remodelage, rendant logique un traitement par bisphosphonate,
remboursé pour l'Alendronate en cas de fracture.
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programme 15ème journée
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