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Biomatériaux
de substitution osseuse : Réalités et perspectives.
Philippe Chiron CHU Rangueil Toulouse
(orthrang@free.fr)
Les traumatismes par
choc direct à haute énergie, la chirurgie des tumeurs osseuses,
le descellement des arthroplasties conduisent à des pertes de substances
osseuses qui compromettent la fonction de l'os : transmettre les contraintes
pour lutter contre un facteur constant de notre planète, la pesanteur.
Pour conserver la fonction il convient de combler les pertes de substances
osseuses en créant un système negenthropique, c'est à
dire un système qui s'améliore avec le temps.Les pertes
de substances osseuses peuvent être estimées de type cavitaire,
c'est à dire avec conservation de toute ou partie des parois ou
segmentaires c'est à dire avec une perte de la continuité
osseuse ; ces pertes de substances osseuses cavitaires ou segmentaires
peuvent être bien entendu plus ou moins étendues.L'arsenal
thérapeutique est aujourd'hui relativement étendu laissant
le choix dans des méthodes qui ont suffisamment de recul pourront
connaître les bénéfices mais aussi les risques. Il
convient pour chaque cas particulier de ne pas céder à la
dernière mode mais de choisir la méthode dont le rapport
risque bénéfice est le meilleur pour le malade.
Ainsi
en tenant compte des risques il ne faut utiliser l'une des méthodes
de ce classement que lorsque l'indication de la précédente
est dépassée :
Comblement sans
greffe : il existe de nombreuses techniques pour combler une perte de
substance osseuse sans réaliser de greffe : pontage biologique
; allongement extemporané ; allongement progressif après
corticotomie …
Autogreffe spongieuse
: l'autogreffe spongieuse est en permanence disponible même en
urgence ; elle ne fait courir aucun risque de transmission de maladie
du donneur au receveur ; les cellules osseuses restent vivantes à
80% et la revascularisation se fait en 5 jours ; une autogreffe spongieuse
résiste mieux qu'un autre type de greffe en milieu septique.
Ce type de greffe doit être employé chaque fois que possible
si la perte de substance osseuse n'est pas trop importante et les pressions
exercées compatibles avec la résistance mécanique.
Le prélèvement dans certains cas peut être fait
par des méthodes per-cutanées avec une rançon cicatricielle
faible pour le malade.
Autogreffe cortico-spongieuse
: les avantages de l'autogreffe sont identiques à ceux de la
greffe spongieuse ; il est possible d'obtenir une certaine resistance
mécanique en prélevant de l'os spongieux et des corticales
(exemple : butée, arthrodèse de poignet).
L'autogreffe corticale
: les avantages de l'autogreffe sont toujours présents cependant
la greffe corticale pure se réintègre très lentement
avec un risque de fracture au 6ème mois post-opératoire
par réhabilitation vasculaire.
Autogreffe corticale
vascularisée : l'utilisation d'un péroné vascularisé
; ce type de greffe s'apparente à celui d'une greffe d'organe
l'os étant greffé avec revascularisation artérielle
et veineuse ; la consolidation se fait normalement dans les temps habituels
d'une fracture sans réhabilitation secondaire. Ces greffes sont
à utiliser tout particulièrement en milieu septique mais
avec tout de même une certaine prudence.
Autogreffe massive
: dans certains cas de perte de substance osseuse particulièrement
importante il est possible au niveau du bassin d'utiliser une extrémité
supérieure du fémur saine pour remplacer un segment du
bassin tumoral. La reconstruction se fait ensuite avec une arthroplastie.
Allogreffe spongieuse
: les allogreffes de têtes fémorales sont prélevées
chez des donneurs vivants dans le cadre des arthroplasties de hanche.
La sécurisation clinique et micro-biologique est assurée
pendant que l'os est conservé dans une banque de tissu. Ces têtes
fémorales peuvent être ensuite utilisées pour combler
des pertes de substances osseuses. Le risque de transmission de maladies
virales est actuellement très faible sans qu'il puisse être
jugé nul. La réhabilitation des allogreffes spongieuses
se fait avec un décalage de 4 mois par rapport à celle
des autogreffes spongieuses. Elles sont utilisées chaque fois
que la perte de substance osseuse est trop importante pour utiliser
une autogreffe spongieuse ; il est également possible d'utiliser
les corticales des têtes fémorales pour réaliser
une greffe cortico-spongieuse.
Allogreffes massives
: par le même circuit de prélèvement de banque,
mais avec un donneur en coma dépassé, il est possible
de disposer d'un segment osseux cortical massif. Ces greffes sont essentiellement
utilisées dans le cadre de la chirurgie tumorale pour combler
de grandes pertes de substances osseuses pour lesquelles les arthroplasties
massives ne sont pas performantes. Certains cas de traumatologie avec
pseudarthrose très rebelle peuvent également bénéficier
de ce type de greffe.
Les jonctions consolident en trois mois mais la réhabilitation
osseuse demande plusieurs années avec risque de fracture itérative.
Allogreffes articulaires
massives : Dans certains cas notamment à l'épaule lorsque
les prothèses sont insuffisantes il est possible de réaliser
une allogreffe articulaire dont le résultat relatif sera meilleur
que celui d'une arthroplastie.
Allogreffes massives
vascularisées : Un cas particulier a bénéficié
d'une allogreffe massive vascularisée prélevée
sur un donneur en coma dépassé. Cette greffe avec maintenant
plus de 10 ans de recul a donné le résultat escompté.
Il s'agit là d'un cas unique de greffe de diaphyse fémorale
qui a été suivie récemment d'une greffe articulaire
de genou par une équipe Allemande.
Allogreffe d'organe
: une discussion peut être menée autour de l'intérêt
des greffes de mains par exemple.
Place des substituts
osseux
Différents type de substituts osseux en phosphate de calcium ou
phosphate tricalcique voire mélange des deux ou encore de céramique
obtenu à partir d'os d'animaux sont à disposition pour réaliser
des comblements de perte de substance osseuse. Elles permettent uniquement
de réaliser des comblements de pertes de substance osseuse cavitaires
avec bonne résistance mécanique, peu étendue, en
milieu non septique. Leur indication reste en conséquence restreinte
en compétition avec celle des autogreffes. Beaucoup de publicités
sont faites autour de ces substituts osseux mais en pratique elles sont
relativement peu utilisées par les Orthopédiste dans le
Monde.
Perspectives d'avenir
Des protéines dites ostéo-inductrices sont fabriquées
par des cellules bordantes de la moelle osseuse. Elles sont activées
en milieu acide avec hypoxie ce qui correspond aux conditions de l'hématome
péri-fracturaire. Ces protéines ostéo-inductrices
activent les cellules mésanchymateuse musculaire et les transforment
en cartilage tout d'abord puis os ensuite. Ces protéines ont été
séquencées et sont fabriquées maintenant par Genie
Génétique. Les premières études chez l'animal
ont été peu probante. Les études chez l'homme sont
actuellement en cours avec des résultats intéressants qui
seront rapportés.
Il convient de se pencher tout particulièrement sur les méthodes
de sécurisation des allogreffes ; pour notre part nous sommes particulièrement
intéressés à la sécurisation des allogreffes
par différentes méthodes chimiques et thermiques qui permettent
d'utiliser des greffes en toute sécurité.
Les autogreffes et
allogreffes restent donc la solution aujourdh'hui pour le comblement des
pertes de substance osseuse. L'utilsation de protéines inductrices
seules ou supportées par une allogreffe sécurisée
est une des solutions d'un avenir proche.
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programme 15ème journée
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