PROCÉDURE
DE CONTRÔLE DE QUALITÉ (CQ) DES OSTÉODENSITOMÈTRES
Actuellement, une procédure
de suivi de la stabilité des machines est disponible sur les appareils
d'ostéodensitométrie. Elle consiste à faire mesurer par l'utilisateur
un objet-test, régulièrement (une mesure quotidienne est recommandée).
Les valeurs obtenues pour ce dernier
(surface de projection en cm², contenu minéral en g et densité minérale
en g/cm²) sont archivées dans une base de données.
Un graphe présentant la distribution
des valeurs obtenues, ainsi que les limites acceptables pour ces
valeurs, peut être consulté à tout moment par l'utilisateur.
Ce graphe permet de rendre compte de
la stabilité de l'appareil et dans une certaine mesure, des anomalies
de fonctionnement : tout point du graphe s'écartant de + ou - 1,5%
de la valeur de référence indique une anomalie. L'utilisateur doit
refaire, alors, la mesure de l'objet-test et si le problème persiste,
il doit appeler le service de maintenance de l'appareil.
Cet outil, indispensable et très utile
pour révéler les dysfonctionnements importants, est néanmoins trop
souvent ignoré par les utilisateurs. D'autre part, il apparaît insuffisant
pour mettre en évidence précocement les dérives provoquées par des
erreurs systématiques dues à un mauvais réglage de la machine.
Considérant qu'il est
important d'exercer une surveillance des machines de manière indépendante
de celle du constructeur, le GRIO met en place actuellement une
procédure centralisée de Contrôle de Qualité (CQ) des appareils
d'Ostéodensitométrie.
Celle-ci
s'appuie sur diverses publications (1,2,3) simplifiant et validant
en densitométrie osseuse des tests statistiques déjà utilisés dans
l'industrie ou dans l'évaluation d'autres techniques d'Imagerie
et connus sous la dénomination de « Règles
de Shewhart » et d'«Analyse du
Cusum ». Ces approches statistiques déterminent,
de manière non subjective, les écarts significatifs par rapport
à la valeur de référence d'un objet-test. Elles permettent de repérer,
de façon très précoce, les dérives des appareils et, éventuellement
de relier ces dérives à une cause précise.
À la suite du Congrès qui s'est déroulé
à Bordeaux au mois de juin 2000, sur le thème de l'Assurance de
Qualité en Ostéodensitométrie, il a été décidé :
1.
que la mise en place d'un
Contrôle de Qualité serait organisée à Bordeaux dans le Service
du Professeur B. Basse-Cathalinat par Mme Nicole Barthe, avec la
collaboration de spécialistes du contrôle en Ostéodensitométrie
: Jean Pierre Sabatier (CHU de Caen) et François Duboeuf (Hôpital
E. Herriot à Lyon).
2.
que la procédure suivie serait
la suivante :
n
pour
chaque centre et pour chaque appareil d'Ostéodensitomètrie utilisé
par ce centre, l'utilisateur doit effectuer quotidiennement les
mesures de l'objet-test (fantôme) fourni par le constructeur, selon
les règles strictes définies dans le manuel des procédures ;
n
l'utilisateur
doit ensuite extraire de sa machine, les valeurs du CQ de ce fantôme
(selon une procédure simplifiée) et les enregistrer sur disquette
ou autre support informatique ;
n
il
doit les envoyer par e-mail, si possible, à l'adresse : cqosteo@biophys.u-bordeaux2.fr,
ou par la poste s'il n'a pas accès au courrier électronique ;
n
à
la réception des valeurs celles-ci sont mises dans un fichier contenant
les coordonnées du centre, les caractéristiques du fantôme, les
valeurs de référence pour ce fantôme, les règles programmées de
Shewhart et du Cusum ;
n
à
l'issue du test, l'utilisateur reçoit, par e-mail si possible, le
rapport de CQ, avec la marche à suivre en cas de problème (exemple
: détection d'une anomalie impliquant une révision de la machine.)
;
n
la
fréquence des envois devrait être idéalement de 1 fois / semaine.
Initialement, il sera demandé un envoi / mois, afin de ne pas trop
créer de contraintes à l'utilisateur sauf s'il s'avérait nécessaire
de rapprocher les mesures ;
n
un
contrôle supplémentaire sera conduit parallèlement, une fois / an,
à l'aide d'une pastille d'hydroxyapatite de densité connue afin
d'évaluer l'exactitude des mesures par chaque appareil.
L'évolution logique
envisagée pour cette procédure est le transfert direct et quotidien
des valeurs des objets-tests de chaque centre d'Ostéodensitométrie
à un site internet qui serait créé spécialement pour effectuer ce
CQ « on line », avec retour immédiat du rapport d'analyse
à l'utilisateur.
Ces mesures de surveillance
des appareils d'Ostéodensitométrie, organisées au plan national,
sous l'égide du GRIO, devraient constituer un élément essentiel
dans la garantie d'une bonne pratique de l'Ostéodensitométrie.
L'Assurance de Qualité commence par
un contrôle strict de la fiabilité des machines. Dans cette démarche,
les constructeurs nous soutiennent et acceptent de faire évoluer
leur matériel en automatisant, par exemple, le transfert des données
du CQ des machines pour nous les rendre facilement accessibles.
Au delà de la surveillance des appareils,
on peut envisager le contrôle de la réalisation des examens d'Ostéodensitométrie.
Les modalités n'en sont pas encore précisées mais elles pourraient
utiliser le principe de transfert d'examens au centre chargé de
les expertiser.
Les centres d'Ostéodensitométrie participant
à cette démarche, pourraient, in fine, se voir décerner un « Label de
Qualité ».
1.
Garland
S. W., Lees B, Stevenson JC. DXA
longitudinal quality control: a comparison of inbuilt quality assurance,
visual inspection, multi-rule Shewhart charts and Cusum analysis.
Osteoporos Int (1997) 7 : 231-237 Medline
2.
Pearson
D., Cawte S.A. Long-Term Quality Control of DXA : A Comparison of
Shewhart Rules and Cusum Charts. Osteoporos Int (1997) 7 : 338-343
Medline
3.
Lu
Y. et al. Dual X-Ray Absorptiometry Quality Control : Comparison
of Visual Examination and Process-Control Charts. J Bone Miner
Res 11(5) :626-637 Medline
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