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La première
complication de l'usage à long terme des bisphosphonates à fortes
doses chez les patients souffrant de métastases osseuses ou de myélome
vient d'être rapportée: l'ostéonécrose de la mâchoire.
Ceci a jeté le trouble chez nos collègues stomatologues et dentistes,
et nous souhaitons apporter les précisions suivantes : -
ces ostéonécroses ne concernent que la mâchoire, qui a 2 particularités
: cet os est soumis en permanence à des contraintes mécaniques du
fait de la mastication, et a un contact étroit avec la muqueuse de la cavité
buccale, donc avec un milieu septique;
-
la fréquence est difficile à préciser : 0,8 % selon la pharmacovigilance,
jusqu'à 10 % des patients dans des études rétrospectives
avec des biais importants d'interrogatoire;
- à
ce jour, la quasi-totalité des cas rapportés l'a été
avec le pamidronate et le zolédronate, 2 amino-bisphosphonates puissants
capables d'inhiber l'activité des ostéoclastes d'une part et d'avoir
un effet anti-angiogénique d'autre part;
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les patients exposés sont les patients souffrant d'ostéolyse maligne
et traités de manière prolongée par bisphosphonate intraveineux,
à fortes doses cumulées;
-
au cours du traitement de l'ostéoporose une quinzaine de cas ont été
publiés, à mettre en perspective avec d'une part le nombre de femmes
actuellement traitées (plusieurs millions) et d'autre part le recul important
(supérieur à 10 ans) d'utilisation de ces médicaments.
Que
peut-on dire aujourd'hui à nos patients ? -
le rapport bénéfice/risque de l'usage des bisphosphonates au cours
des métastases osseuses et du myélome multiple reste très
positif, et ces traitements doivent continués à être utilisés
dans ces indications;
-
dans ce contexte, lors de la mise en route du traitement, il est recommandé
de réaliser un examen bucco-dentaire;
-
au cours de l'ostéoporose post-ménopausique, ces problèmes
n'existent pas avec la même acuité;
-
mais il est logique de demander à nos patientes les soins et l'hygiène
bucco- dentaires qui sont de toute façon naturels;
-
et il est nécessaire de suivre les recommandations de l'AFSSAPS, avec une
durée de traitement de 4 à 5 ans, avant de reconsidérer l'intérêt
individuel de la poursuite du traitement.
mise
à jour : 4 septembre 2006
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